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Nouveaux feux, nouveaux outils


Les enjeux des pompiers sont bien différents en 2015 qu’il y a quelques dizaines d’années. Si leur environnement de travail continu de se développer, leurs formations se doivent de s’adapter à ces changements. C’est en ce sens que deux hommes ont mis de l’avant une étude afin de mieux saisir les nouvelles stratégies à adopter lorsqu’il est temps de maitriser un feu.

 

Une évolution ressentie 

Au cours de leur carrière, Dan Madrzykowski, ingénieur au National Institute of Standarts and Technology, et son partenaire Stephen Kerber, directeur de la Firefighter Safety Research Institute au sein du Underwriters Laboratories, ont réalisé que les feux brulaient de plus en plus rapidement, mais pourquoi? Parce que les matériaux des maisons se sont grandement transformés au fil des années. Précédemment, les fournitures étaient faites de bois dur, tandis que maintenant, les maisons sont plutôt faites de bois qui brule très rapidement. En somme, il est calculé que les maisons modernes brulent 8 fois plus vite que celles construites 10 ans auparavant, selon UL. Par exemple, avant, les fournitures des chambres étaient principalement faites de coton, ce qui s’incendiait lentement, soit en 30 minutes environ. Maintenant, étant donné que les matériaux des chambres sont constitués principalement de mousse, le temps d’inflammation se réduit à 3 minutes et 40 secondes seulement. De plus, les habitations modernes sont souvent très bien isolées, allant même à une double isolation des fenêtres. Ceci, qui peut être perçu comme avantageux pour le résident, rend la tâche des pompiers d’autant plus complexe, puisque la ventilation se verra limitée et l’afflux d’oxygène pourra alors créer une éruption violente du feu. Il s’agit là d’un exemple parmi tant d’autres qui justifie pourquoi les pompiers doivent s’accommoder aux nouvelles architectures et adopter de nouvelles stratégies d’extinction.

 

Face à cette transformation éloquente, ils ont constaté que d’adopter une démarche agressive, de favoriser la ventilation et de pousser le feu le plus loin possible, en s’approchant tranquillement de celui-ci, n’étaient peut-être pas les meilleures démarches à adopter en tout temps.

 

Il faut s’adapter!

Les deux hommes ont donc décidé d’expérimenter les mesures à favoriser en tant que pompier. Après avoir fait plus de 200 expériences, ils ont cru bon de mettre leur savoir à profit et c’est pourquoi ces deux anciens pompiers ont participé à plus de 150 conférences au cours de la dernière année. Leur message était clair : les tactiques des pompiers doivent être réformées.

 

Trois conclusions sont ressorties de leurs expériences. D’abord, diriger l’eau sur une structure, à partir de l’extérieur, est souvent la meilleure solution pour sauver autant la vie des citoyens que celle des pompiers. Ensuite, la ventilation peut parfois être une méthode efficace, cependant, elle doit être utilisée convenablement. Finalement, ils ont observé que l’eau évitait la propagation du feu dans les autres parties d’une structure. Ces conclusions prennent une importance élevée en considérant les risques du métier. Effectivement, les gens qui pratiquent le métier de pompier courent de graves dangers, puisqu’ils peuvent facilement se blesser au travail, ou même mourir. C’est une des raisons pour lesquelles les stratégies doivent être au point pour assurer non seulement la sécurité des citoyens, mais aussi celle des pompiers.

 

Revenir aux sources

Environ 8 mois après avoir adopté les nouvelles tactiques émises par Madrzykowski et Kerbert, le département incendie de New York, de Los Angeles ainsi que le département de Oklahmona ont connu des résultats bien positifs. Ils ont constaté que les blessures des pompiers avaient diminuées de 45%, en plus d’avoir noté une baisse de 7% sur les pertes des maisons.

 

Même si les résultats parlent d’eux-mêmes, Madrzykowski ne s’emballe pas trop et ne prétend pas que son étude est révolutionnaire. Au contraire, il estime tout simplement qu’il faut retourner à la base par rapport aux tactiques, et que même dans les livres d’entrainement des années 1800 il était question du contrôle de la porte et de la ventilation. Pour lui, le département incendie perd malheureusement ces notions de base, mais espère que ses efforts ramèneront les nouveaux pompiers aux bases du métier.

 

L’importance des bons outils 

Finalement, Madrzykowski et son partenaire Kerbert estiment que les pompiers doivent être équipés des meilleurs outils afin de répondre aux appels le plus efficacement possible. Ils proposent d’adopter les nouvelles technologies en lien avec les équipements incendie puisqu’elles sont souvent le résultat de recherches et d’études menées dans le but d’améliorer le travail des pompiers, et ainsi, sauver plus de vies. En terminant, cette recherche démontre qu’il faut non seulement adapter les tactiques des pompiers face aux environnements changeants, mais aussi, qu’il ne faut jamais cesser d’innover dans les nouveaux équipements. 

 

Source : http://www.nfpa.org/newsandpublications/nfpa-journal/2015/january-february-2015/features/fire-tactics